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Evénement / Débat
Régulation des médias

Synthèse du « Tour de table déontologique » des Assises 2010

Charte et instance de régulation

par Loïc Hervouet

Sept convergences :

1. La crise de confiance du public n’est pas discutable, sa dimension déontologique non plus, donc le fait qu’une partie de la solution réside dans "un traitement éthique de la crise".

2. La reconnaissance de l’utilité d’un texte éthique de référence, référence commune professionnelle, portée à la connaissance du public et compatible, donc non exclusive des chartes ou codes de références d’entreprise.

3. La reconnaissance du fait que le journalisme travaille pour le public et doit rendre des comptes au citoyen.

4. La nécessité d’adjoindre "quelque chose", des processus et/ou des lieux de vérification pour que le ou les textes de référence ne restent pas lettre morte.

5. La conscience de la difficulté de mise en place d’une instance de médiation, en tout cas la conviction partagée par tous qu’une telle éventuelle instance - ne doit pas se comporter en tribunal : ne disposer que du pouvoir de la parole - ne doit pas impliquer de massification ou d’uniformisation : veiller à la légitime et à la nécessaire diversité éditoriale.

6. La conviction que "moins l’Etat s’en mêlera, mieux cela sera", même s’il ne faut pas négliger la tentation des pouvoirs publics d’agir en lieu et place des professionnels s’ils restent inertes sur le sujet.

7. La certitude que ni le code déontologique ni l’instance éthiques ne feront tout, qu’on ne peut leur assigner cette tâche, ce qui n’est pas une raison suffisante de s’y opposer, mais qu’on peut les utiliser, à côté de médiateurs, de comités d’éthique, etc., comme outils de progression de la qualité et de la confiance.

Deux divergences

Sans être exhaustif, et en y apportant des nuances, des positions divergent sur
- l’inscription d’un texte éthique dans la convention collective nationale des journalistes : les éditeurs, à présent aussi des syndicats de journalistes qui le réclamaient précédemment, s’y opposent au motif très recevable qu’il ne faut pas "faire du juge des prud’hommes l’arbitre de l’éthique journalistique". Les partisans de cette inscription soulignaient l’intérêt de la reconnaissance commune par les éditeurs et les journalistes d’un texte opposable aux tiers. A dire vrai, un consensus des employeurs et des journalistes peut tout à fait être exprimé en dehors de la convention collective, comme le sont par exemple les accords et engagements pris à l’intérieur des entreprises.
- l’état actuel du projet de code "Frappat" : personne n’en juge infâme telle ou telle énonciation, et son mérite concret n’est pas mince, puisque deux organisations patronales ont même annoncé l’avoir adopté récemment. Beaucoup cependant lui font la critique majeure, dans sa rédaction actuelle, de "mettre sur le dos" du seul journaliste la charge de respect des principes éthiques, et lui reprochent de ne pas être exhaustif, en négligeant les apports des textes de référence historiques, en particulier ceux de 1918/1938 et de 1971, pour ne citer que ceux-là.

Deux émergences

Des idées nouvelles, ou approfondies, ont mis en lumière
- "la possibilité d’une île" : si elle devait exister, une instance de médiation pourrait être adossée à la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, sans se confondre avec elle, mais en utilisant sa logistique, de locaux ou de capacité à désigner des représentants élus de journalistes.
- "une extension du domaine de la lutte" : le renversement de perspectives sur une telle instance, dont on prend conscience plus clairement que loin d’être une simple instance de saisine sur l’éthique, elle peut constituer un lieu de réflexion et d’analyse, ainsi qu’un "outil de protection" pour des journalistes injustement mis en cause ou pris à partie.

Une urgence

"Faire quelque chose" apparaît à présent urgent et inéluctable face aux espoirs ouverts, tant une impasse serait de nouveau un facteur aggravant de consolidation de la méfiance. Une piste pour sortir par le haut de la "guerre des codes" serait de reconnaître le rôle historique des différentes initiatives de textes depuis 1918 dans la construction du référentiel éthique.

Date de publication 20 novembre 2010
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