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Evénement / Débat
Formation au journalisme

Synthèse de l’atelier national avec les centres de formation au journalisme

"Transmission des normes déontologiques et des questionnements éthiques" dans les centres de formation au journalisme reconnus

par Nathalie Dollé

Pourquoi cet atelier ?

L’alliance internationale de journalistes travaille sur la thématique de la « responsabilité ». Les interrogations sur l’éthique professionnelle sont donc légitimes, tout comme l’intérêt pour sa transmission. A notre connaissance, les centres de formation au journalisme n’ont jamais ou pas depuis longtemps confronté leurs pratiques, échangé leurs réflexions, partagé leurs constats et questionnements sur ce thème.

Les participants à la journée ont de leur côté apporté quelques réponses :

Nous rencontrons parfois les uns et les autres mais rarement autour d’interrogations pédagogiques. La réflexion, quand elle est menée collectivement, permet de s’apercevoir qu’il y a des acquis et qu’on peut avancer.
Il faut réussir à combiner la pression des nouvelles technologies avec le besoin fort de repères de valeurs. _ Face à l’externalisation des contenus éditoriaux, il est plus que jamais nécessaire de donner aux étudiants des règles et des démarches.
La pression du public d’une part, la montée des contentieux dans les entreprises d’autre part doivent inciter les centres de formation à s’interroger sur leurs pratiques d’enseignement.
Ces questionnements et démarches éthiques ne sont plus portés par les entreprises de presse.
Ces thèmes « déontologie et éthique » sont dans l’air du temps. On colle à une préoccupation actuelle.

L’enseignement de l’éthique professionnelle est incontournable aujourd’hui dans l’ensemble des centres de formation nord-américains. En cas de poursuites civiles, les juges cherchent à savoir si les journalistes ont respecté les « règles de l’art ». Comme les avocats ou les médecins, les journalistes ont l’obligation de mettre en œuvre des moyens, sans obligation de résultat. Toute une jurisprudence se développe dans ce sens. C’est donc aussi pour ces raisons très pratiques que les journalistes doivent avoir des repères précis en termes d’éthique appliquée.

Enseigner l’éthique professionnelle, c’est vraiment difficile. Il nous faut tenter de faire des liens entre différentes contradictions : ce que l’on apprend en formation et ce qui se passe en entreprise notamment. Nous subissons tous ces tiraillements et la posture juste n’est pas évidente à trouver.

Trop souvent, nos anciens étudiants se tournent vers nous quand ils ont une question éthique, parce qu’ils ne trouvent pas d’autres interlocuteurs. Nous avons moralement le devoir de traiter la déontologie et l’éthique pour leur donner les outils de leur indépendance. Et qu’ils ne nous appellent plus.

Mettons-nous d’accord sur les mots : droit, morale, déontologie et éthique. Document de Loïc Hervouet

Les journalistes, l’éthique et la déontologie. Texte de Jean-Marie Charon

« Etat des lieux » de l’enseignement de l’éthique professionnelle en France Tous les centres de formation au journalisme reconnaissent aborder d’une manière ou d’une autre la déontologie et l’éthique. Si chacun d’eux semble plutôt satisfait de la manière dont ces questions sont abordées, les démarches et contenus restent très variés.

Des « cours » spécifiques/ transversaux

Nous n’avons pas de cours spécifique, aucun module d’éthique ou déontologie en tant que tel mais cet enseignement transpire dans tous les cours.

Pourquoi aujourd’hui focaliser la question de la formation des journalistes autour de ces quelques termes ? L’éthique et la déontologie ne sont pas plus importantes que la véracité d’un fait, elles sont des éléments constitutifs de la production d’une information. C’est à ce titre que ces notions se retrouvent naturellement au cœur de la pratique et de l’enseignement du journalisme.

Nous n’avons pas « rien » mais pas « tout » non plus. Dans le cadre référentiel de notre diplôme, plus on avance dans la formation, plus on nous demande de favoriser la technicité aux dépens des matières déontologiques ou éthiques.

Nous ne sommes pas tout à fait dans le « rien » ni dans le « tout ». En première année, nous donnons une vingtaine d’heures de « connaissance de la presse » (histoire, cadre, textes de la profession) et en deuxième année nous avons des cours de « droit de la presse » et de « droit pénal », très orientés sur le fait divers.

On donne à voir et à entendre des modèles de modes de fonctionnement, d’être, de comportement et d’analyse qui sont éminemment moraux. Nous transmettons avant tout des valeurs morales.

Comme sans doute un peu partout, les enseignants ont pour mission de réfléchir avec les étudiants, leur personnalité est donc déterminante.

Notre enseignement sur l’éthique professionnelle est fondamentalement transversal. Les cours magistraux, les cours théoriques ne passent pas. Nos étudiants veulent du concret.

Il ne s’agit pas d’une approche ex-cathedra. L’étudiant ne cesse de déconstruire et reconstruire l’acte journalistique, il finit donc par reconstruire lui-même les grandes règles. L’apport théorique sert à expliquer d’où viennent les règles et les pratiques.

Interrogé il y a quelques années sur le contenu de notre enseignement en terme de déontologie, j’avais répondu : « on en fait partout mais sans cours spécifique ». La question a du faire son chemin et finalement dès l’année suivante, nous avons consacré 18 heures à cette matière.

Dans notre cours sur la sociologie du journalisme, deux séances sont consacrées aux textes et codes, aux droits et devoirs. La prise de distance s’effectue ensuite et en filigrane tout au long du cursus. En deuxième année, un journaliste américain supervise une enquête sur 6 mois et les étudiants sont constamment titillés sur ces questions de déontologie/éthique, avec le mérite d’une comparaison entre les approches américaines et françaises.

Nous dispensons deux séminaires de 25 heures : un séminaire de droit pénal et un de déontologie orienté sur le droit. Une introduction générale (droit, éthique, déontologie) est suivie d’une approche des textes de référence (chartes, art 10 de la cour européenne…) puis d’une partie sur la protection des journalistes (clause de conscience, secret des sources…) et d’une autre sur leurs devoirs (diffamation, délit d’opinion, injures, droit à la vie privée et à l’image…). Nous nous déplaçons également à la cour européenne de justice ou à la chambre de presse du tribunal de Paris, très bons exercices pratiques de déontologie.

Au cours de « droit de la presse » s’ajoutent depuis peu une vingtaine d’heures confiées à un médiateur.

En deuxième année, nous offrons un cours de 12h sur « presse et droit » et un cours de 12h sur « droit et éthique » ; l’éthique étant abordée sous un angle philosophique et non exclusivement journalistique.

Depuis 1996, notre triptyque « savoir, savoir-faire et savoir-être » se décline en 18 heures de cours d’éthique.

Notre école récente s’est calée sur l’article 4 des critères de reconnaissance. Une quarantaine d’heure sur les 3 premiers trimestres abordent la déontologie, les droits sociaux et la critique du journalisme.

Un module intitulé « éthique du journaliste » prépare à des réflexions et à des comportements en 20 heures de cours dispensés en deuxième année.

Aborder l’éthique professionnelle par la théorie/pratique

Nos 6 fois 3 heures sont confiées à un médiateur qui part de cas pratiques.

Nous demandons aux étudiants un travail de réflexion et d’enquête sur une question de déontologie (par exemple : existe-t-il des règles internes au média pour régir le traitement des livres publiés par des journalistes maison ?)

Les mémoires de recherche traitent souvent de comportements et d’identités journalistiques. Ils sont un bon moyen de travailler une question et ses références déontologico-éthiques précises. Ils fournissent aussi l’occasion aux étudiants de se positionner.

Il nous est apparu nécessaire de construire un séminaire qui permette d’étudier des cas apportés par les étudiants eux-mêmes. A eux ensuite de faire leur propre arbitrage, aidé par le cadre et les références précises.

Dans les cursus d’apprentissage, de formation continue ou de VAE, les questions d’éthique professionnelle reviennent sans cesse, nourries par l’expérience sur le terrain.

Les exercices pratiques de confrontation avec des sources institutionnelles sont pleins d’enseignement, tout comme les débriefings de stage ou les revues de presse…

Les cours d’éthique professionnelle ne doivent pas être donnés en première année, le travail de fond ne peut être fait qu’après le stage d’été, quand les étudiants ont été confrontés à la réalité du métier.

Il nous paraît important que les enseignants soient tous des journalistes en activité. Ils ont des profils très différents et travaillent pour des types de médias très variés, du meilleur au pire. Ils fournissent néanmoins tous de l’information. Le défi est d’en faire la synthèse. Puis d’élaborer ses propres choix.

Deux fois par an, nous invitons nos étudiants à participer à une journée complète de retour sur le traitement journalistique d’un événement (la partition de la Belgique, la couverture de la guerre du Golfe) analysé par différents acteurs et observateurs.

Il est proposé aux étudiants de remplir, au fil du temps, un petit livre rouge à deux faces. L’une décrit la typologie des dérives journalistiques, l’autre propose la typologie des comportements qui nous aiderait à être moins mauvais. Une sorte d’exercice permanent de veille constructive…

Le public comme moteur de recherche éthique

En introduisant la réalisation de « magazine-école », nous venons de faire entrer le public dans notre formation. Ce souci est directement lié à des questionnements déontologiques, c’est comme si nous avions 48 heures d’éthique appliquée.

Le public est toujours zappé. Intellectuellement il a sa place mais concrètement il n’existe pas. Les exercices de formation en grandeur nature, avec publication ou mise en ligne donnent l’occasion aux étudiants d’être confrontés à des lecteurs, avec toutes les questions qui se posent et toutes les réponses qui doivent être trouvées.

A partir de cette année, nous avons des conférences régulières de médiateurs.

Comment évaluer ou noter ?

Il est toujours possible de noter une fiche de lecture ou un texte de réflexion mais nous n’avons pas encore trouvé de réponse satisfaisante à la question de l’évaluation.

L’université est obligée de donner des notes. Nous évaluons donc les travaux de droit pénal mais pas ceux du cours de déontologie.

L’attitude contrastée des étudiants devant un enseignement qui ne propose pas de réponse unique

Les étudiants rêvent souvent de « Tintin reporter », mais en général la dimension éthique n’est pas une motivation.

Peut-on arrêter l’étudiant pour réfléchir ? Ils ne « s’éclatent » peut-être pas mais n’y sont pas réfractaires.

Je n’ai jamais vu les étudiants se plaindre de devoir traiter ces questions. Si c’est le cas, il faut les y obliger. Nous notons les absences. C’est de notre responsabilité.

Les étudiants qui zappaient ces questions-là il y a quelques années s’y intéressent aujourd’hui. Ils sont même demandeurs.

Ils ont l’impression que c’est une priorité, ils ont besoin de repères. Beaucoup de jeunes journalistes trouvent qu’ils dérapent trop souvent et nous interpellent : qu’est-ce que vous faites vous, enseignants, pour éviter ça ?

La nouvelle motivation des étudiants pour ces matières relève d’une terrible inquiétude : le monde du travail et l’évolution de celui de la presse font peur. Ils ont besoin de se rassurer, de point de repères…

Les tentatives de croiser les questionnements éthiques de différentes professions (presse, santé…) n’ont pas été concluantes.

Un certain nombre d’anciens étudiants un peu connus, de figures qui ont une certaine crédibilité peuvent prendre en charge ces questions. Il faut séduire, faire un show…

Si l’éthique se traite dans tous les enseignements, il faut donc être très vigilant sur le corps professoral qui doit être en adéquation avec les valeurs de l’école.

Au-delà du recrutement des étudiants, ne pas oublier celui des enseignants. Les professionnels, sur ces questions, révèlent souvent des positionnements « laxistes » ou au contraire « fanatiques ».

Quand les professionnels ne sont pas d’accord entre eux, la compréhension des règles en est brouillée pour les étudiants.

Dans les lieux de formation comme dans les lieux de travail, nous ne pouvons pas donner de réponses éthiques uniques aux étudiants, c’est impossible… la matière n’en est que plus difficile à enseigner parce que nous vivons une époque de recherche effrénée de prêt à penser, de recettes, de réponses simples…

« L’éthique qui s’apprend dans la pratique », ça marche en théorie. Parce que nous sommes confrontés à un défaut de cohérence dans les prises de position. C’est sans doute cette hétérogénéité qu’il faut aussi enseigner…

Malgré la diversité des approches, l’enseignement de l’éthique professionnelle passe souvent par le biais du droit auquel viennent se mélanger, dans un fluctuant dosage des règles déontologiques, des études de cas plus ou moins pratiques, un apport de connaissances théoriques spécifiques ou pas au journalisme, une éventuelle familiarisation avec une recherche de positionnement.

L’enseignement de cette éthique professionnelle fait appel à des registres très différents : la règle, la norme, la morale, dans des cadres qui peuvent être rigides ou très souples, en faisant appel à des démarches individuelles ou collectives.

La prise en compte du public semble un élément à la fois déclencheur et cible des préoccupations éthiques.

On constate aussi une différence d’approche sensible entre les formations directement « professionnalisantes » et celles qui proposent un enseignement plus universitaire ; entre les formations qui s’adressent à des étudiants déjà fortement diplômés de l’enseignement supérieur et ceux qui sont plus jeunes. Dans le même sens, les établissements « anciens », avec une « culture maison », se distinguent des centres de formation plus récents ou à la « marque » moins profonde.

Nouvelles pratiques, nouvelles éthiques professionnelle, nouvelle formation ?

Aux mutations autant conjoncturelles que structurelles du métier de journaliste, s’articulent naturellement les besoins de redéfinir une identité, un rôle et une fonction. Quelle serait donc la place des centres de formation dans cette dynamique :
- accompagner les mutations et même les anticiper ?
- résister sans illusion (« Conservons un code d’honneur mais ne soyons pas dupes, nous passons pour des ringards »)
- résister en participant aux débats qui devraient secouer la profession et la société ? (« Nos écoles sont des foyers, des espaces où nous pouvons discuter de façon apaisée des choses de la presse. Il y a encore beaucoup de dirigeants d’entreprises de presse qui sont sortis de chez nous, on ne peut pas ne plus dialoguer avec eux. »)

A la question de la responsabilité individuelle et collective répondent les interrogations sur l’éthique professionnelle qui renvoient elles-mêmes immédiatement à la formation des journalistes.

Les questions d’éthique demandent une pause et un recul sur la pratique. On ne peut pas faire et réfléchir en même temps. D’où la nécessité d’un apprentissage.

En même temps, ne tombons pas dans l’arrogance de croire qu’il n’y a que par la formation qu’on peut déclencher le phénomène éthique…

La question de la formation ne peut pas être découplée du celle de l’entreprise qui emploie 82% de journalistes qui ne sont pas passés par la formation initiale. Il est de notre responsabilité de travailler en partenariat avec elle pour que les bases éthiques du métier fassent l’objet de formation continue…

Il ne faut jamais oublier que les premiers établissements qui ont formé des journalistes défendaient chacun une morale : religieuse (ESJ), civique (CFJ), internationaliste (CUEJ). Ces préoccupations morales sont la base de notre existence.

Le contexte d’entrée des journalistes en entreprises est très modifié. Du compagnonnage nous sommes passés à la mise à l’épreuve de la pige. Le contexte n’est plus favorable à la transmission de valeurs dans l’entreprise. Alors ou nous lâchons, ou au contraire nous décidons qu’il est d’autant plus important de donner des points de repères, de fixer des cadres.

Les jeunes journalistes ont d’énormes difficultés à se situer par rapport aux contradictions inhérentes au métier, multipliées par l’évolution qu’il subit actuellement. La formation leur apprend à prendre de la distance, à faire des choix à peu près éclairés.

Nous devons, nous les écoles, réaffirmer des valeurs déontologiques, éthiques et morales. Mais il faut être réaliste, elles sont ensuite piétinées dans les entreprises…

Les écoles ne peuvent pas s’exonérer d’une formation éthique sous prétexte que ces questions ne seront peut-être même pas posées dans les entreprises de presse.

Ce débat n’est pas nouveau et nous ne devons pas perdre de vue que l’objectif de nos formations est avant tout de permettre aux étudiants de trouver du travail…

Il y a toujours une tension entre la dimension prescriptive et la réalité. Il faut bien trouver une issue entre l’aveuglement à la réalité et la résignation. L’entreprise de presse veut des réflexes quand l’école veut des réflexions journalistiques ; l’identité professionnelle entre régulièrement en friction avec le statut de salarié ; l’idéal du service d’intérêt général se trouve malmené par la somme d’intérêt particulier…

Le journalisme ne réclame aucune formation, c’est une idée très répandue. Il faut au contraire se poser la question de la formation en préambule à l’exercice du métier.

Il existe des pays où la formation est obligatoire pour devenir journaliste. Pensez-vous sincèrement que les Brésiliens soient des journalistes plus respectueux de l’éthique professionnels que les Français ?

Affirmer que la formation est un préalable, ou alors qu’il faut considérablement développer la formation continue, pourraient aider à ce que les cursus évoluent et s’adaptent davantage aux mutations techniques, tout en restant fidèles aux valeurs…

L’Europe ne laisserait jamais passer une loi qui lierait la formation à la reconnaissance du statut.

Peut-être finalement que nos formations ne sont plus adaptées. En cette période de transition, nous nous accrochons à un journalisme qui est devenu minoritaire (celui de l’information générale et politique) sans être le garant d’une éthique irréprochable d’ailleurs…

La question de l’élargissement de la formation va rejoindre l’adaptation à de nouvelles demandes. L’enseignement doit et va s’adapter. Nous ne devons pas essayer de faire entrer dans un moule unique une profession qui se diversifie toujours davantage. Notre enseignement est profondément marqué par l’information générale et politique.

On fait souvent le reproche du formatage des journalistes. Le formatage est plutôt celui des cursus de formation qui tendent vers l’homogénéité. Reste à savoir si les centres de formation et la presse ont les mêmes intérêts.

Les écoles se tueront à essayer d’absorber la diversité de la profession, à tenter de reconstituer l’unanimité de la profession.

La formation des journalistes est sans surprise largement défendue, certains participants se posant même la question d’en faire une condition d’entrée dans le métier. Il apparaît évident qu’il est plus que jamais nécessaire de donner aux étudiants, avant qu’ils entrent en entreprise, quelques solides points de repères éthiques. Tout comme il serait indispensable de pouvoir les fournir à la grande majorité des professionnels qui n’ont pas suivi de formation initiale. Si les centres de formation doivent s’adapter aux mutations techniques de la presse, ils doivent donc continuer les enseignements de base. En trouvant sans doute des alliés du côté des employeurs.

Qu’est-ce qu’un journaliste aujourd’hui ?

La vraie question est de savoir quelle est aujourd’hui la définition d’un journaliste professionnel. Qu’est-ce qui qualifie une personne comme journaliste ? C’est son salaire, quelque soit son geste technique.

Le journaliste est défini par son activité de salarié dans une entreprise qui est en train de changer de nature. Comment justifier l’existence du « métier » de journaliste qui dépendrait d’une entreprise qui ne fait plus d’information ?

Nous ne somme plus légitimes si nous avons à former autre chose que des journalistes. C’est toute la question de leur statut qui est mise en cause. Du leur et donc du nôtre.

Quand les frontières du métier se redéfinissent, le métier lui-même doit se repenser. Les écoles ne doivent pas rester en dehors de ces réflexions qui supposent un travail d’identification des valeurs.

La construction d’une identité professionnelle se pense par l’amont (les sources), le latéral (les pairs) et l’aval (le public). Tout groupe professionnel se situe par rapport au même cadre : les fournisseurs, le groupe constitué (avec ou sans les patrons de presse) et puis les destinataires.

On ne trouvera pas la solution à 12. Renvoyons ce débat à l’ensemble des acteurs du marché : le monde de l’entreprise, les syndicats, voire les associations.

C’est le statut du journaliste lui-même qui est remis en cause dans un secteur économique, technique et culturel en pleine mutation. Pour ne pas « subir », les centres de formation ont intérêt à devenir partie prenante de la réflexion qui, sinon, se fera sans eux.

A venir : Dans un premier temps, l’alliance internationale de journalistes a poursuivi cet échange avec les centres francophones de formation au journalisme. Un livret de sa collection « journalisme responsable » sera consacré à l’enseignement de l’éthique professionnelle.

Date de publication 22 décembre 2008
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