Alliance Internationale de Journalistes
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Evénement / Débat
Exercice du métier | Éthique professionnelle

"Une culture de la tolérance et d’une vie véridique"

Colloque du CTM de Meylan en 2005

Atelier "média" autour de Manola Gardez, Nathalie Dollé et Siddhartha de l’alliance internationale de journalistes.

L’atelier réunit une vingtaine de personnes autour de trois journalistes qui appartiennent à l’ « Alliance internationale de journalistes », alliance citoyenne d’un milieu socio-professionnel issu du large mouvement international nommé « Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire », trois adjectifs illustrant les préoccupations du colloque.

Une grande question anime l’atelier : comment élaborer un processus éthique de fabrication de l’information ? Les journalistes nous proposent de créer, ensemble, un espace de propositions, d’échanges, de « régénération », et les débats s’articulent autour de deux grands axes.

1- Une nouvelle notion d’information équitable, lancée par l’Alliance internationale de journalistes, s’inscrit au centre de ses préoccupations. La réflexion se poursuit mais, d’ores et déjà cette notion-clé s’ inspire du modèle du commerce équitable, celui du respect mutuel, au plus près de la vérité.

11. Cinq grands principes d’action fondent une information équitable :
- Relier les hommes plutôt que les segmenter,
- Développer l’esprit critique,
- Lutter contre le sentiment d’impuissance et inciter à agir,
- Développer une culture de paix,
- Garantir le pluralisme du paysage médiatique.

12. La dynamique de l’information équitable se heurte cependant à l’emprise du pouvoir économique :
- La concentration des media dans les mains de quelques grands groupes industriels menace le pluralisme, la transparence ; pour le Business, l’information est une marchandise à rentabiliser au plus vite ou même à orienter. Aux Etats-Unis, il n’y a que 5 ou 6 grands groupes de presse ; en France, l’essentiel des média appartient à « un marchand d’armes, un marchand d’eau, un marchand de béton » !
- La rapidité du rythme de travail imposée aux journalistes par le système actuel rend difficile la recherche des sources, leur vérification, leur recoupement, etc.
- La précarisation du statut de journaliste réduit les marges d’autonomie, incite à l’autocensure.

2- Un contrat social entre presse et société nous est proposé dans ce contexte, comme cadre du processus éthique de fabrication de l’information. Chacun d’entre nous peut se demander : « qu’est ce que le ton de ce journaliste, le choix de cette information, fait vibrer en moi ? », mais, au-delà, les journalistes offrent de créer, avec le public, c’est-à-dire nous tous, une culture commune, un débat en commun.

Quels rôles pourrions-nous jouer dans la production de l’information ? Trois voies s’ouvrent :
- un rôle dans la déontologie du processus, comme au Québec, où fonctionne, fort bien, un « Conseil de Presse » : il donne un avis lorsqu’il est saisi par quiconque se sent lésé par un propos dans les media . L’intérêt du Conseil de Presse est d’être composé à la fois de représentants du public (simples lecteurs, spectateurs, auditeurs) mais aussi des entrepreneurs et des professionnels des media.

- un rôle dans les choix rédactionnels, par la participation du public à des « Conférences de rédaction » de certains média. S’y feraient les choix d’une information constructive, terme préféré à celui d’information positive. En effet, il ne s’agit pas d’évacuer les informations dramatiques, de faire de l’angélisme ou du déni, mais au contraire de connaître les nouvelles, « bonnes » ou « mauvaises », qui aident à la prise de conscience et à l’action citoyenne, en toute connaissance de cause, en vérité.

- un rôle de participation aux structures mêmes des media, par le biais de coopératives, par exemple. Ainsi, le journal Ouest-France appartient à ses lecteurs.

La conclusion, insiste sur la responsabilité ultime du journaliste dans sa tâche. Le journaliste n’est jamais neutre, mais l’éthique lui impose de ne pas s’avancer « masqué ». Au contraire, il s’enrichit du dialogue avec ses multiples interlocuteurs. L’information équitable en est encore à sa genèse. Nous sommes tous invités à participer aux réseaux qui y travaillent ; tout dépend de l’engagement de chacun.

Chantal Delacotte juillet 2005

Date de publication 4 juillet 2005
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